Samedi 24 juillet

Parcours politique !

 

Il pleut toujours. Quand je pense qu'avant de partir j'avais passé un long moment à rechercher les adresses des piscines découvertes, des lacs où on peut se baigner à l'extérieur de Prague ainsi que les différents moyens de transport pour y accéder... Pas de farniente au soleil donc, nous continuons nos pérégrinations dans la ville !

 

Pour changer, nous prenons le tramway pour visiter un peu sans trop se fatiguer ! Ils ne sont pas si beaux que les trams de Lisbonne mais bon en attendant nous sommes au sec...

source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4b/Tram91.jpg

Nous nous arrêtons encore une fois place Venceslas.

 

Au numéro 36, se trouve l'immeuble Melantrich, ancienne maison d'édition, siège du premier journal anti-communiste, le Svobodné Slovo ( "La Libre Parole") : de ce balcon Vaclav Havel s'est adressé pour la première fois au pays avec Alexandre Dubcek, après la Révolution de Velours, en novembre 1989.

Sur ce sujet voir le reportage de Véronique Soulé pour Libération : http://www.liberation.fr/week-end/010152548-prague-a-pas-de-velours

Immeuble Melantrich

Toujours sur la place, vers l'imposant bâtiment de la Bibliothèque Nationale qui porte des impacts de balles car les Russes en 1968, croyaient que c'était le Parlement, un peu en contrebas de la statue équestre de  Saint Venceslas, se trouve le mémorial à l'étudiant Jan Palach, mort en 1969.

 

Mémorial à Jan Palach

La Révolution de Velours a commencé devant le palais Schirnding, Narodni Trida 16 dans le Nové Mesto.

Le 17 novembre 1989, une manifestation pacifique d'étudiants s'est mise en route depuis la tombe du poète romantique Harel Hynek Macha au cimetière de Vysehrad pour marquer le 50ème anniversaire de la fermeture des universités tchèques par les Nazis. Suite à la chute du mur de Berlin, un vent d'optimisme s'était levé si bien que plus de 50 000 personnes se sont mises en marche vers la place Venceslas. Mais elles ont été stoppées par les forces de l'ordre à cet endroit ,où l'on a posé une plaque commémorative. Malheureusement il y avait également des travaux à cet endroit et le passage était fermé. Voici ce qu'on a pu saisir à travers les vitres :

Un modeste mémorial de l'endroit où la Révolution de Velours a débuté

Le palais baroque de Schirnding

Voici une meilleure image trouvée sur Wikipedia :

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_de_velours

 Pas loin de là, Narodni 20, Reduta Jazz Club, un des plus vieux clubs de jazz de Prague, créé dans les années 50, c'est aussi un des plus connus et encore plus depuis que Bill CLINTON, amené par Vaclav Havel  y a poussé quelques notes de saxophone en janvier 1994 dans ce qui est resté dans les mémoires comme "le concert des 2 Présidents" !

Toujours dans le Nové Miesto, rue Bartolomejska se trouve un ancien couvent appartenant à l'Ordre des Sœurs grises , confisqué par les communistes dans les années 50 pour être transformé en Centrale de la Police secrète et en prison. Vaclav Havel, futur président, un des fondateurs de la Charte 77 et arrêté en 1978 pour ses écrits subversifs contre le régime y fut interné pendant plus de 4 ans. Aujourd'hui c'est devenu un hôtel de charme 4 étoiles, l'Hôtel Unitas.

Ancien couvent rue Bartolomejska qui servit de prison sous le régime communiste

L'hôtel Unitas

Nous traversons le fleuve par le pont Le Gil et nous allons dans l'île Kampa qui est un espace de verdure très calme où nous aurions adoré nous prélasser avec un bouquin ! mais il pleuviote toujours... Nous passons devant le Musée d'Art privé de Kampa dont nous ne visitons que l'extérieur :

Mimina (Bébés) de David Cerny (2008)

Chaise géante sur le fleuve et pingouins lumineux !

L'ile Kampa est appelée aussi "la Venise de Prague". C'est vrai que cette petite ile, à laquelle on accède par des escaliers au bout du Pont Charles, est pleine de charme et que pour un peu, en flânant dans ses ruelles, avec ses maisons ocre et rose, on se serait cru en Italie (s'il y avait eu un peu plus de soleil !).

Moulin sur l'Ile Kampa (source : http://www.linternaute.com/sortir/escapade/dossier/prague-le-joyau-de-la-boheme/la-venise-pragoise.shtml)

Malgré le crachin, nous décidons de monter quand même sur la colline de Petrin (un grand parc, avec des vergers, des roseraies et des bois de hêtres, châtaigniers..., "les poumons de Prague") par le funiculaire auquel on accède avec un ticket de métro. En haut, surprise, une "tour Eiffel" de 60m, construite en 1891 à l'occasion d'une Exposition Universelle, sur le modèle de sa grande sœur parisienne. En fait, vu la hauteur de la colline, elle se trouve exactement à la même altitude que la tour Eiffel, soit 324m au-dessus du niveau de la mer !

La tour de Pétrin

 

Vue de Prague depuis la colline de Pétrin

En redescendant nous longeons un un long mur crénelé,  "le mur de la faim" édifié au XIVe siècle sous le règne du roi et empereur Charles IV. On dit que le roi aurait fait construire ce mur pour fournir du travail et donc un gagne-pain aux plus pauvres du royaume pendant une période de disette, d'où son surnom.

 

Nous terminons notre "parcours politique" (!) par le monument aux victimes du communisme, en bas de la colline. Il représente un large escalier sur les marches duquel se tiennent des silhouettes d'hommes en bronze dont le corps semble se désintégrer, se désagréger au fur et à mesure que l'on gravit les marches. Des inscriptions sur chaque marche indique le nombre de victimes (disparues, jugées coupables, exécutées, exilées, mortes en prison...) de 1948 à 1989.

Monument aux victimes du communisme (Olbram Zoubek)

Lien : http://vivreaprague.servhome.org/statue/memocom.php

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