L'an dernier nous avons passé une semaine à Florence. Nous avions loué un appartement près du Ponte Vecchio et nous avions gardé un souvenir ébloui de ce séjour. Il avait fait très chaud et les couleurs, la lumière sur les pierres ocres et les toits de tuiles nous avait séduits. Certes, c'était aussi une découverte culturelle, nous avons visité des musées ( La Galerie des Offices, de l'Académie), un couvent (San Marco)... et nous nous sommes intéressés à l'histoire des différents monuments de la ville, à ses artistes fameux (Michel-Ange, Léonard de Vinci, Fra Angelico, Filippo Lippi, Boticelli...). Mais nous nous sommes surtout laissé charmer par l'atmosphère de la ville, la douceur de vivre italienne, la musique de la langue et là, les milliers de touristes ne nous avaient pas gênés. Nous nous étions perdus dans les ruelles étroites en nous laissant gagner par la nonchalence ambiante. Nous nous étions vraiment sentis en vacances, nous étions détendus.

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L'appartement à Florence (terrasse avec des canapés d'osier) vu du Musée des Offfices

 

Est-ce dû au temps (il n'a pas fait très beau à Prague) qui ne nous a pas permis de paresser sur des terrasses ensoleillées ou au bord d'un lac naturel et qui ternissait les couleurs? Ou à l'histoire récente de la ville qui n'est pas franchement gaie et qui nous touche de plus près que la lointaine Renaissance? A l'architecture baroque ou art Nouveau qui nous plait moins que le style Renaissance ? Au fait que l'hôtel était loin du centre et qu'il  ne nous servait que pour dormir, nous obligeant un peu à partir pour la journée si bien que le soir nous trouvait épuisés ? A la cuisine locale, qui ne nous a pas laissé un souvenir impérissable (nous sommes très gourmands !) ? A la langue enfin qui nous paraissait impénétrable, n'ayant aucun rapport avec les langues latines ou anglo-saxonnes ? Toujours est-il que, si j'ai aimé ce séjour à Prague, c'est surtout parce qu'il m'a enrichi sur un plan intellectuel. Mais  côté émotionnel, la ville ne m'a pas touchée, émue, charmée.

 

Peut-être aussi que je ne l'avais pas assez imaginée avant, comme je le fais d'habitude avant de partir quelque part : je lis des ouvrages, des livres de voyage ou des romans qui traitent de ma destination et je m'en imprègne. Par exemple, avant de partir à Florence, j'étais tombée sur une biographie romancée de Filippo Lippi, La Passion Lippi, de Sophie CHAUVEAU qui m'avait plongée dans le XVe siècle florentin et appris à regarder,  à apprécier les peintures de cette époque. J'avais embrayé sur The Birth of Venus, de Sarah DUNANT dont le titre s'inspire du tableau de Boticelli et qui raconte une histoire d'amour dans la Florence du XVIe siècle qui  en est en fait le personnage principal. J'étais ainsi prête à m'immerger dans la ville ! Avant d'aller dans le Parc des Cévennes, une région que nous avons adoré et où nous sommes retournés trois années de suite, j'avais lu Voyage avec un âne dans les Cévennes, de Robert STEVENSON. Or nous avons parcouru les mêmes chemins que l'auteur, eu les mêmes démêlés comiques avec un âne, logé dans le même type d'habitat traditionnel etc. Je revivais donc ce voyage plus de cent ans plus tard et ça me faisait rêver ! Par contre, le voyage à Prague s'est décidé relativement vite, c'était une opportunité et le seul livre que j'avais lu avant c'était La Plaisanterie, de Milan KUNDERA, et ce n'était pas très drôle !

 

Bref, ce séjour à Prague, pour instructif qu'il fut, a surtout été l'occasion d'une escapade à deux, mais je ne peux pas dire que la ville m'ait séduite. J'ai trouvé qu'elle ressemblait à n'importe quelle capitale avec les mêmes magasins et restaurants, les mêmes panneaux publicitaires et boutiques de souvenirs, qui l'enlaidissent et l'uniformisent :

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Près de la Place Venceslas

 

C'est décidé, l'été prochain nous retournons en Italie !!!

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