Une sélection pas du tout exhaustive car Jeanne Mas, Indochine, Goldman ou Sardou pour ne citer qu'eux ne m'émeuvent pas même s'ils ont chanté le rouge...

On retrouvera le rouge passion, le rouge sensuel mais aussi le rouge colère et le rouge sang. Parfois la couleur n'est que dans le titre mais l'Affiche Rouge tellement chantée (Férré, Escudero, Lavilliers...) méritait d'être là.

Bien que les titres ne comprennent forcément pas le mot rouge, c'est le tango qui traduit pour moi le mieux cette couleur (même si le marketing s'est emparé de l'association rouge tango, tangerine dans la cosmétique, la mode ou l'automobile!)

A suivre...

Rouge

Le rouge ça change et ça devient un coup sur deux vif ou carmin
Soit vermillon soit coquelicot, effrayant ou abricot
Le rouge n’est pas tout le temps le sang , le rouge du piment
Sucre d’orge doux ocre et sucré , apaisant et enivrant
Choisis ce rouge là ou celui là

Le sang coule dans le sable et disparaît
Quand le pays bleu blanc rouge éteint sa télé
On oublie sa couleur marron foncé qu’il laisse à tout jamais
Choisis le rouge que tu préfères, rouge de couleur ou de colère
Soutine, matisse ou bien Gauguin. Hitler, Mussolini, Pétain

C’est la mort et la vie tout à la fois
Qui ne sent pas la Tchechouka
Mais une odeur moins colorée, de chair et de bois brûlé
1.2.3… Soleil personne ne bouge
Dans un ciel bleu comme la mer rouge
Il fait trop chaud on ne peut pas bouger
Ni parler ni penser ni parler ni penser

Source : http://le.coin.sanseverino.free.fr/paroles/rouge.php 

LA CHAMBRE ROUGE - Catherine Le Forestier

Je me souviens que la chambre était rouge
Comme une bouche, comme un soleil
Et que vous étiez le premier, monsieur le voleur
Monsieur de velours, monsieur mon amour
Et que vous étiez le premier, monsieur l'étranger
Vous souvenez-vous?

(Refrain:)
Passent les jours, mes amours s'en lassent
Passent les nuits, mes amours s'ennuient
Sans vous.

Je me souviens que la chambre était rouge
La lampe douce, le lit profond
Et que vous étiez le premier à m'avoir portée
Au creux de vos mains au bord du matin
Et que vous étiez le premier, monsieur l'étranger
Vous souvenez-vous ?

Refrain

Je me souviens que la chambre était rouge
La lampe éteinte, le lit défait
Et que la porte s'est fermée, je ne savais pas
Les mots qu'il faut dire
Et que la porte s'est fermée, si j'en ai pleuré
Je peux bien en rire.

Mais passent les jours, mes amours s'en lassent
Passent les nuits, mes amours s'ennuient
Sans vous.

Rouge Sang 
(Renaud Séchan) 


  Comme une étrange ressemblance 
Même douleur, même peine 
Comme une étrange ressemblance 
Même couleur, d’où qu’il vienne

Entre ce sang qui coule 
Sur le flanc des baleines 
Harponnées dans la houle 
Décimées par centaines

Celui des loups, des ours 
Dans les steppes lointaines 
Abattus dans leur course 
Pour une vie sans chaînes

Et le sang qui rougit 
La peau de porcelaine 
De ces enfants d’Asie 
Birmanes, tibétaines

Comme une étrange ressemblance 
Même douleur, même peine 
Comme une étrange ressemblance 
Même couleur, d’où qu’il vienne

Six milliards de consciences 
Et combien appartiennent 
A cette triste engeance 
A ce troupeau de hyènes

Qui voit des différences 
Entre toutes ces haines 
Ces torrents de souffrances 
Animales ou humaines

La mort est un théâtre 
Dans tous les cas obscène 
Le rouge, l’écarlate 
Coule des même veines

Comme une étrange ressemblance 
Même douleur, même peine 
Comme une étrange ressemblance 
Même couleur, d’où qu’il vienne

Comme une étrange ressemblance 
Même douleur, même peine.

L'affiche rouge

Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

Louis ARAGON

Retour à l'accueil