Peinture antique d'or de cru de dragon chinois sur le mur en bois rouge (banque d'images)

Peinture antique d'or de cru de dragon chinois sur le mur en bois rouge (banque d'images)

Quelques synonymes : pourpre, cramoisi, écarlate, incarnat, vermillon, vermeil, garance, rubis, carmin, grenat, corallin, amarante, andrinople (d’un pigment turc), ardent, incandescent, feu, enflammé, flamboyant…

Le rouge, contrairement au sage bleu ou à la pureté du blanc,  est une couleur fascinante qui ne laisse jamais indifférent car dotée d’une symbolique riche et contrastée. Il évoque souvent des sentiments passionnels contradictoires : amour et mort (sang), force et chaleur, sensualité et sexualité, courage et danger…

Le rouge, c’est LA couleur par excellence. Dans l’antiquité, c’était la seule couleur existante dans le code couleur utilisé par les peintres : rouge, noir et blanc. Le noir était sale, le blanc était une non-couleur. Il symbolisait alors le pouvoir et les élites puisqu’il revêtait les dieux, la noblesse ou les empereurs dans presque toutes les civilisations. En Europe, à partir du XIIIème siècle, les ecclésiastiques, jusqu’alors vêtus de blanc se mirent à porter du rouge, signe qu’ils étaient prêts à mourir pour le Christ. Lui-même était représenté en blanc avant de verser son sang pour l’humanité. Et dans certaines langues le même mot signifie à la fois rouge et couleur comme colorado en espagnol ou beau comme красный (krasnoï) en russe.

On a maîtrisé ses pigments dès l’ère paléolithique comme on peut l’admirer sur les parois de la grotte Chauvet en Ardèche dont le bestiaire est peint avec une couleur obtenue à partir d’une terre ocre-rouge.

Source : http://cesame.ardeche.free.fr/?p=69

Source : http://cesame.ardeche.free.fr/?p=69

Plus tard d’autres méthodes, minérales, animales ou végétales ont été utilisées pour obtenir cette couleur. Ainsi des plantes comme la garance (communément appelée, rouge des teinturiers et dont on tirait l’alizarine) ou l’orseille tiré d’une espèce de lichen, des pierres comme le cinabre (minéral composé de sulfure de mercure), des coquillages comme la pourpre ou le murex (gastéropode méditerranéen rare dont on extrayait la pourpre de Tyr, une teinture rouge violacée), des insectes comme le kermès, la cochenille (dont le colorant était aussi appelé carmin à cause de l’acide carminique présent dans le corps et les œufs des femelles), ocre ou  terre de Sienne…

Selon Michel PASTOUREAU dans Le petit livre des couleurs, ces différentes méthodes donnant des rouges différents n’avaient pas le même usage. Ainsi le rouge obtenu des œufs de cochenille était très lumineux, riche (rouge écarlate) mais difficile et long à obtenir (et onéreux, il venait d’Orient) alors que la garance donnait une teinte moins éclatante. La première était alors réservée aux seigneurs car plus vif et donc plus synonyme de luxe, d’honneur et de puissance. Le pourpre extrait du murex était encore plus précieux car il fallait des milliers de coquillages pour récolter un peu de colorant et de plus s’ajoute une valeur symbolique car ce n’est qu’à la mort de l’animal que le suc devient rouge.

 

Murex (source : http://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/physique-couleur-mysteres-757/page/7/)

Murex (source : http://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/physique-couleur-mysteres-757/page/7/)

Portrait de Lucrezia Panciatichi, Agnolo BRONZINO (Florence XVIème siècle)

Portrait de Lucrezia Panciatichi, Agnolo BRONZINO (Florence XVIème siècle)

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