Source : http://medtoursvoyages.com/sejour/marrakech-3/

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Surnommée « La Perle du Sud », la ville est un symbole de l’Orient imaginaire.

« Y a peut-être un Ailleurs, un accord majeur », chante Bernard Lavilliers, cet Ailleurs que nous rêvons tous à un moment pour combler les manques laissés par les insatisfactions de notre vie quotidienne. Comme l’écrit Alain de BOTTON dans l’Art du voyage, « Ce que nous trouvons exotique à l’étranger peut être ce à quoi nous aspirons en vain chez nous ». Et cet Ailleurs, dès le XIXe siècle, Marrakech va le personnifier pour des milliers de touristes, Marrakech la ville impériale, la ville rouge aux portes du désert, cet Ailleurs absolu dans son infinie solitude.

Le Maroc est la 1ère destination africaine, devant l’Afrique du Sud, d’après les données de l’OMT et Marrakech qui accueille plus d’un tiers des touristes du pays reste la première destination. La ville a récemment été élue meilleure ville touristique en Afrique pour 2012 par World Travel Awards, vote auquel participaient les professionnels du tourisme de 171 pays. Elle figurait aussi en 2016 comme la troisième meilleure destination du monde selon un classement des voyageurs sur TripAdvisor. La ville, comme le pays, accueille essentiellement des touristes français. Cela est dû pour une large part à l’histoire commune des deux pays.

Source : http://www.bourse-des-vols.com/billet-avion/maroc/billet-avion-maroc.php

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A priori Marrakech n’était pas destinée à devenir la destination phare qu’elle est aujourd’hui. En effet, contrairement à Agadir, sa rivale du sud, la ville est située loin de la côte atlantique (à environ 170 km) et du littoral méditerranéen, presque au centre du pays. Or pendant longtemps le Maroc a été plutôt une destination de tourisme balnéaire.

Qu’est-ce qui fait qu’un lieu devient un lieu touristique ? Souvent, il possède des monuments architecturaux d’intérêt historique ou artistique. Mais la curiosité pour ces témoignages du passé n’a pas toujours existé. Il a fallu qu’un courant de pensée, comme par exemple le Romantisme au XIXe siècle, les amène au goût du jour.

En effet c’est parce qu’un lieu a été raconté, décrit, chanté ou peint par des explorateurs, des voyageurs, des artistes, des romanciers…, qu’il a excité l’imagination et est devenu un lieu de désir. C’est ainsi que les vues d’Egypte rapportées par les artistes qui ont accompagné la campagne de Bonaparte en 1798 ont permis la découverte en Europe d’un monde oriental et initié une demande, une curiosité nouvelle pour l’Afrique qui n’était alors qu’une vaste carte blanche, la présence européenne sur ce continent étant limitée à quelques comptoirs côtiers. Au XIXe siècle les peintres orientalistes, dans un courant politique européen d’expansionnisme, ont ainsi nourri un désir d’exotisme qui a été exploité ensuite, même s’ils offraient une vision fausse, une image illusoire de cet Orient qu’ils ont contribué à créer, fait de mystères et d’exaltation  des sens, un Orient qui permettait de satisfaire le besoin d’évasion d’un quotidien insatisfaisant dans un Ailleurs imaginaire merveilleux. A l’époque les campagnes coloniales étaient toujours accompagnées d’artistes et de scientifiques dont la mission était de découvrir, de témoigner, de rendre compte et en fin de compte de fournir des arguments à cette politique impérialiste. En 1832, DELACROIX accompagne une mission diplomatique française auprès du Sultan marocain Abd Al-Rahman en « Barbarie ». Il visite Tanger et Meknès et ramène des carnets de voyage remplis de notes, d’observations, de croquis et d’aquarelles qui donneront des tableaux comme Chevaux arabes se battant dans une écurie (1860) par exemple, ou Le Kaïd, chef marocain (1837).

DELACROIX, L'orchestre juif (1847) Source : http://www.darnna.com/phorum/read.php?18,4115,page=10

DELACROIX, L'orchestre juif (1847) Source : http://www.darnna.com/phorum/read.php?18,4115,page=10

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